|
Conférence
: Changements et technologies du futur
Conférencier : A. MOSCOWITZ,
directeur Informatiques chez TotalFinaElf.
La mutation actuelle de notre modèle économique vers la société de l’information
exige de reconsidérer fondamentalement la conception de l’organisation
de l’information et de facto le fonctionnement même de l’entreprise. Cette
évolution tient à l’émergence de la Net économie qui consacre l’ère du
marketing transactionnel où les technologies de l’information jouent un
rôle essentiel. Les NTIC permettent l’accompagnement de ce changement
de culture en véhiculant les méthodes pour exploiter l’information et
être autonome.
Atelier
: Les outils techniques du manager en production et logistique
Animé par J. HAUROGNE,
enseignant-chercheur, Ecole des Mines de Nantes.
Se donner les moyens
de produire au plus juste coût, en maîtrisant qualité et délais, tout
en effectuant de manière rationnelle les choix stratégiques, constitue
pour l'Entreprise un incontournable défi sur la voie de sa croissance.
Les méthodologies de modélisation et d'analyse des paramètres industriels
ont aujourd'hui largement dépassé le stade des théories avant-gardistes.
Les Managers en charge des choix stratégiques ou opérationnels, disposent
de méthodologies et d'outils d'aide à la décision opérationnels et éprouvés
qui autorisent par exemple : le choix pertinent de sites industriels,
la définition d'une politique logistique, le meilleur compromis dans ce
que doivent être les stocks, la planification et l'ordonnancement de la
production, l'orientation d'investissements lourds ou encore l'organisation
de la maintenance.
Exposés de spécialistes du domaine, témoignages industriels et contributions
des participants de l'atelier permettront de mettre en lumière ce que
le Manager peut attendre de ces outils.
|
|
|
Restructuration
de la logistique d’une entreprise : P. DEJAX, professeur, responsable
du département automatique et productique, Ecole des Mines de Nantes.
Le problème de la définition ou de la redéfinition de la structure
logistique d'une entreprise industrielle consiste à l'adaptation
de l'outil industriel et de la structure de distribution en fonction
de la stratégie produits-marchés. Il s'agit en particulier de définir
la localisation, la capacité et la spécialisation des usines et
des unités de stockage et de distribution, ainsi que de planifier
le schéma de distribution des produits vers les zones de clientèle.
En nous basant sur un cas réel, nous montrons comment les outils
de l'optimisation informatique sous contraintes, assortis d'une
démarche méthodologique appropriée peuvent être d'une grande utilité
pour permettre au décideur de traiter ce problème qui comporte des
enjeux de performance économique et de service considérables pour
l'entreprise.
|
|
|
Orienter
les politiques de maintenance/fiabilité en entreprise : C. ELEGBEDE,
ingénieur EADS LV.
En phase de conception d'un système, l'un des objectifs du maître
d'ouvrage est l'obtention d'un produit fiable et sûr. Cette exigence
fait souvent partie des rubriques importantes des cahiers de charges
que reçoit le maître d'œuvre qui devra respecter la volonté du maître
d'ouvrage. Le maître d'œuvre devra décider de la fiabilité à attribuer
à chaque composant du système. S'il s'associe à des sous traitants,
il devra alors leurs assigner un objectif de fiabilité pour garantir
la fiabilité du système. Cette démarche est une démarche d'allocation
de fiabilité, elle consiste à allouer un objectif de fiabilité à
chaque composant d'un système de telle sorte que l'objectif de fiabilité
soit atteint au niveau du système.
La démarche d'allocation sous entend également une optimisation
structurelle et économique du système, elle doit permettre d'allouer
une fiabilité à chaque composant avec un coût global minimal ; c'est
la théorie du moindre effort. Cette façon de penser permet de formuler
les problèmes d'allocation de fiabilité sous forme de problèmes
d'optimisation à objectif unique, ou à objectifs multiples.
De façon sommaire, nous présenterons les différentes catégories
de méthodes d'allocation de fiabilité en insistant sur leurs avantages
ainsi que sur leurs limites d'utilisation.
Dans cet exposé, nous mettrons en évidence l'importance des méthodes
d'allocation dans la conception des systèmes industriels et les
nombreux profits que peuvent en tirer les industriels sur le plan
de la qualité de leur prestation, de l'organisation de la maintenance
ainsi que la réduction des coûts de conception et d'exploitation
des installations industrielles.
|
 |
Apport
d’un outil d’aide à la décision pour l’ordonnancement d’opérations
: S. DAUZERE-PERES, professeur , Ecole des Mines de Nantes.
Cet exposé décrit un projet portant sur la mise au point d'un logiciel
d'optimisation et d'aide à la décision pour la gestion d'une unité
de traitement de déchets industriels. Les tenants et les aboutissants
du projet seront présentés, ainsi que le logiciel qui est maintenant
opérationnel. Nous montrerons les motivations associées à la mise
en place d'un tel outil, en particulier un gain de temps sur la conception
de l'ordonnancement des ressources et une meilleure réactivité. Les
contraintes liées au déchargement et au traitement des déchets seront
discutées, afin d'appréhender la complexité du problème. Nous terminerons
l'exposé par un premier bilan du projet. |
|
|
Témoignage
industriel : C. BLOND, directeur technique, Séché Environnement.
|
Atelier
: Organisations et systèmes d’information
Animé par L. PASCAIL, enseignant-chercheur, Ecole
des Mines de Nantes.
Il est devenu presque un lieu commun de dire que les systèmes d'information
pénètrent de plus en plus de fonctions, de secteurs et de tâches de l'organisation.
Pourtant cette invasion des systèmes d'information est loin d'aller d'elle-même.
Bien qu'omniprésents, les systèmes d'information ne sont qu'une composante
des organisations qui sont surtout constituées d'interactions entre acteurs
parfois bien plus solides et réfractaires que les systèmes d'information
et qui retardent, déforment, détournent leur objet, voire font échouer un
nouveau développement des technologies de l'information.
Cet atelier est l'occasion de discuter de pratiques et de méthodes permettant
de rendre compatibles systèmes d'information et organisation réelle.
|
|
|
Impact
des NTIC sur les organisations : A. DUCELLIER, opérations manager
LOTUS France, Groupe IBM.
Quelques éléments de réflexion pour réussir des projets de type
"Knowledge Management", mise en place d'Intranet/Groupware, Formation
à distance :
LE FACTEUR HUMAIN
Quelques histoires vraies pour comprendre
LE RETOUR SUR INVESTISSEMENT
Combien ça coûte
Combien ça rapporte
Que se passe-t-il si on ne le fait pas ?
LA CULTURE DE L'ENTREPRISE
Culture verticale ou horizontale
QUELQUES GRILLES D'ANALYSE UTILES
Les flux de circulation de la connaissance
Le capital social
Objectif, sens et procédures d'échanges d'informations
|
|
|
Intégration
d’un SI, risques et opportunités : D. DEJEAN, senior manager, DELOITTE
et TOUCHE Management Solutions.
LA THEORIE :
Les systèmes d'information ont évolué depuis les années 60, depuis
que l'on est passé de systèmes composites au système intégré (E.R.P).
Un E.R.P est un logiciel commercialisé et maintenu par un éditeur
avec une couverture fonctionnelle large et une base de données commune
en temps réel.
LA PRATIQUE :
Un E.R.P permet :
- une grande richesse fonctionnelle
- une pérennité et une indépendance qui ont leur limite
- un coût de mise en oeuvre faible et un coût d'évolution soumis
aux aléas technologiques
RISQUES ET OPPORTUNITES :
- Apparition de nouvelles contraintes pour l'entreprise
- La nécessité de réorganiser ses activités
- Le coût de possession du système actuel
QUELQUES CONSEILS CONCERNANT :
L'effet de mode, les coûts et les contraintes de mise en oeuvre,
l'importance du choix de l'outil, le budget, l'intégrateur, ainsi
que la décision prise est une décision de Direction Générale.
PROSPECTIVE : sur les années 2000 :
Tenir compte des priorités de l'entreprise en terme de fonctions,
d'organisation et notamment d'e-business.
|
|
|
L’opérateur au centre des systèmes d’information industrielle :
T. BONTE, directeur du département systèmes intégrés, WONDERWARE.
Les systèmes d'informations sont devenus essentiels
pour le pilotage d'une entreprise. Ce sont maintenant à des milliers
de données qu'il faut faire face, et être capables de les transformer
en informations utiles pour prendre les bonnes décisions... au bon
moment. La plupart des industriels ont investi des sommes parfois
colossales dans différents systèmes (ERP, SCM, PDM, CRM, …), mais
comment se sont-ils préoccupés de leurs propres unités de fabrication
?
Chaque jour, chaque minute, leurs usines génèrent des milliers de
données, la plupart du temps très largement inexploitées (inexploitables
?) aux étages supérieurs de l'entreprise. Au-delà des capacités
réelles des lignes de fabrication, de la qualité, de la traçabilité
et la généalogie des lots de fabrications, de la maintenance, …
comment les entreprises se sont-elles préparées à réagir en temps
réel (e-Business oblige) aux attentes de leurs futurs clients.
Les " fonctionnels " sont-ils conscients du travail et des contraintes
des " opérationnels ". A l'inverse, les " opérationnels " comprennent-ils
l'importance de leurs missions et leurs impacts sur l'ensemble des
processus. Et même si les uns et les autres pouvaient se comprendre,
en ont-ils les moyens ?
Les systèmes d'informations sont avant tout conçus pour les gestionnaires,
ils ne tiennent pas compte du rôle des opérateurs dans l'entreprise.
Pourtant, les opérateurs ne sont plus seulement des exécutants.
Ils ont des idées, ils pourraient prendre des initiatives, ils pourraient
même participer aux objectifs généraux de l'entreprise. Très souvent,
ils en savent plus que leurs propres dirigeants sur les outils et
capacités réelles de fabrication, sur les problèmes de l'usine,
sur la situation à l'instant t de leur machine, mais, ils ne font
partis du SI. C'est vrai, la hiérarchie (et ces différents étages)
et le reporting servent à cela et un jour, vous serez au courant
… peut-être et peut-être trop tard.
Finalement, la seule vraie question est de savoir, si à l'ère de
la mondialisation et du e-Business, tous deux synonymes de réactivité
et rentabilité, l'accès aux bonnes informations (transversales),
au bon moment (en temps réel) et pour tous ne feront pas la différence
entre ceux qui s'y seront préparés et les autres...
|
Conférence
: Changements et compétences
Conférencier : J. BRUNET LECOMTE, président, BL
Consultants.
Dans un monde en perpétuel changement, les compétences
individuelles et collectives sont devenues un véritable atout stratégique
et concurrentiel. Elles contribuent de manière déterminante à la performance
industrielle en étant la condition indispensable à l’optimisation d’outils
techniques sophistiqués et à l’adaptation des hommes. Les compétences peuvent
être un frein ou un accélérateur de changement. Il est donc devenu essentiel
de gérer cette richesse au même titre que le capital technique.
Atelier
: Les outils et méthodes de gestion des compétences
Animé par Y. M. BERTHO, Muta Consultants.
Si les compétences constituent une ressource rare
et un enjeu capital pour l'entreprise, une attention particulière doit
être portée à leur gestion.
Passer d'une logique de poste à une logique de compétence suppose de nouvelles
méthodes d'identification des compétences, de nouveaux outils, notamment
informatisés, et plus globalement un nouveau management PAR les compétences.
|
|
|
Approche
"compétences" dans la formation des futurs ingénieurs : F.TELLIER,
Ecole des Mines de Nantes.
L'industrie est devenue plus exigeante sur les compétences de ses
cadres : elle ne se satisfait plus aujourd'hui des connaissances
accumulées par les ingénieurs lors de leur formation dans les écoles.
Simultanément, les élèves recherchent auprès des Grandes Ecoles
l'assurance d'une destinée professionnelle, première préoccupation
des candidats à nos établissements.
Les écoles doivent donc construire des stratégies pédagogiques pour
apporter cette nouvelle valeur ajoutée qu'attendent tant les entreprises
que les élèves, ses deux principaux clients.
Cette révolution culturelle nous impose de mettre en place sans
délais les conditions et les moyens de rapprocher l'élève, l'école
et l'entreprise : le découplage actuel laisse en effet l'élève démuni.
Ici, il acquiert des connaissances auprès des enseignants. A lui
d'assimiler des enseignements qu'il subit plus qu'il n'y adhère
et qui ancrent en lui une culture de bachotage. Celle-ci anéantit
la vision transversale des choses et rend éphémère les acquis.
Là, l'élève tente d'appliquer ses connaissances dans l'entreprise.
A lui de faire en sorte que ses expériences de terrain coïncident
avec le savoir accumulé, de mobiliser les acquis pertinents et les
compétences nécessaires à sa mission pour agir en professionnel.
On parie sur sa capacité de conceptualisation pour lier expériences
acquises dans les cours et situations industrielles, et se construire
la vision globale de l'ingénieur généraliste.
Mais entre l'exercice d'apprentissage académique et l'apprentissage
du terrain industriel, les règles changent du tout au tout. Dans
le premier cas, l'élève recueille le savoir de ses professeurs.
L'élève est acteur : il apprend un texte écrit par d'autres à son
intention.
En revanche, en entreprise, c'est l'élève lui-même qui doit être
moteur de son expérience. Pour cela il va mobiliser bien sûr ses
connaissances mais également son intelligence des situations, ses
relations aux autres, ses compétences. Qui plus est, ce n'est pas
à travers une note mais avec un faisceau de qualificatifs que son
expérience va être appréciée, évaluée. Le changement est de taille.
L'élève, qui a rarement fait des choix pédagogiques, qui a évolué
dans la certitude des lois scientifiques, se trouve d'un seul coup
tenu de se fixer des objectifs, des exigences, de prendre conscience
de ses compétences, de préparer son offre de service, de se placer
dans une logique d'évolution continue que ne lui garantira plus
l'entreprise.
Comment transformer l'acteur studieux en auteur créatif ?
|
|
|
Panorama
des méthodes et outils : E. ROCH, BL Consultants.
Plan qui sera suivi :
I. Eléments d'analyse
A.
Comment se repérer sur le plan de la méthodologie ?
B. Quels sont les facteurs de réussite d'une démarche de gestion
des compétences ?
II.
Etat de l'art sur le marché des Systèmes d'Information en Gestion
des Ressources Humaines (SIRH)
A.
Les grandes tendances du marché
1.
L'offre
a.
Les acteurs et la forme des produits
1/
Les très grands fournisseurs de SI intégrés ou ERP
2/ Les éditeurs de tailles moyenne et petite
b.
Le contenu des produits
2.
La demande
B.
Les logiciels ou les progiciels contenant des modules de Gestion
des compétences
III.
Un problème à l'ordre du jour : l'articulation "compétences et rémunération"
|
|
|
Témoignages
et visions d’entreprises : M. BLANCHOT, directeur général, CARGILL
France, M. WATHIER, directeur des ressources humaines, FOGGINI KEY
France.
|
Atelier
: Les compétences clés du futur
Animé par J. L. DUTERTRE, Muta Consultants.
Le développement industriel des entreprises les plus
avancées est caractérisé par une forte automatisation, l'intégration massive
des nouvelles technologies de l'information, des modes d'organisation
privilégiant la réactivité et une plus grande autonomie de tous les opérateurs.
Dans ce contexte de changement accéléré, elles sont conduites à des réflexions
sur leur environnement, leur coeur de métier et leurs processus clés.
Anticiper les compétences stratégiques, maîtriser celles qui sont déterminantes
ou critiques dans leurs savoir-faire, sont des enjeux moteurs pour l'avenir.
|
|
|
Compétences,
stratégies et métiers : F. OSTY, chercheur au LSCI.
Le recours massif au terme de compétence dans les pratiques de management
et dans la littérature questionne les facteurs d'émergence d'un
tel phénomène mais aussi la signification d'une telle notion. La
complexification des situations de travail et la recherche de nouvelles
formes de mobilisation des hommes en font un facteur de compétitivité
de l'entreprise et justifient le dépassement de la traditionnelle
logique de la qualification. Cependant, alors que la gestion par
les compétences véhicule la promesse d'une rétribution plus juste
des mérites individuels, elle semble inopérante pour contrer le
malaise croissant d'un manque de reconnaissance.
Comment expliciter ce paradoxe, autrement qu'en considérant la compétence
comme une notion multi-dimensionnelle, renvoyant d'une part à un
savoir pratique engagé dans l'activité de travail, et d'autre par,
à un nouveau mode de gestion de la main d'œuvre.
C'est en distinguant différents niveaux d'élaboration et de reconnaissance
de la compétence, que l'on saisit à quel point la compétence est
aujourd'hui un enjeu central de la performance des entreprises.
|
|
|
Les
compétences, levier de la performance de l’industrie française :
A. DUMONT, directeur de l’éducation et de la formation du MEDEF.
|
|
|
Vision
et témoignage d’un dirigeant : M. THERY, directeur général, Activité
Equipement de la Maison, ROWENTA, Groupe SEB.
Comment un dirigeant d'entreprise intègre-t-il la problématique
compétences dans la stratégie ?
Le témoignage montrera, à partir de situations vécues, l'importance
des ruptures stratégiques, managériales ou technologiques dans la
prise en compte de problèmes de criticité des compétences.
Le degré d'anticipation de ces ruptures a conditionné ainsi, dans
les cas présentés, l'ampleur et la réussite d'une démarche organisée.
Si la direction générale a été l'initiatrice et la garantie du projet,
l'expérience a démontré que deux autres conditions ont été constamment
déterminantes:
- L'appropriation de la démarche compétences par les managers,
- La "contextualisation" des compétences (lesquelles et pour quoi
faire ?)
|
Conférence
: Le management ou la recherche de l’équilibre entre autonomie et organisation
collective
Conférenciers : F. BOUISSET, directeur général
du Groupe FLEURY MICHON, S. PAPIN, administrateur du groupe SYSTEME U en
charge de la stratégie d’enseigne.
Le modèle de développement industriel dominant, dans
un environnement où les changements s’accélèrent, suppose des organisations
et des acteurs de plus en plus autonomes. Les aspirations individuelles
exacerbent cette tendance à l’autonomie. Dans le même temps, la performance
dépend de la capacité des individus à fonctionner en équipe. Confrontés
aux contraintes extérieures, et aux exigences de l’actionnariat, les dirigeants
et les managers doivent maintenir un mode de fonctionnement collectif assurant
la cohésion des groupes et l’équilibre dans l’action.
Atelier
:
L’autonomie
au cœur de l’entreprise
Animé par J. P. BOURGEOIS, professeur , responsable
du département sciences de l’homme et de la société, Ecole des Mines de
Nantes.
Les managers ont compris que la compétitivité de l'entreprise reposait sur
l'autonomie de leurs collaborateurs.
Réactivité, rigueur et précision sont les nouveaux mots d'ordres de l'entreprise
pour survivre dans un contexte de plus en plus exigeant.
Mais au-delà d'une volonté sans cesse exprimée qu'en est-il objectivement
sur le terrain ? Quels sont les freins et les facteurs de succès qui contribuent
à sa mise en œuvre ? Comment dirigeants et cadres composent-ils entre autonomie
et indépendance ? Comment les nouvelles technologies contribuent-elles à
développer ou à inhiber cette ambition ?
Les témoignages de cet atelier tenteront d'apporter quelques réponses à
ces questions.
|
|
|
Autonomie
et changement : L. PASCAIL, enseignant-chercheur, Ecole des Mines
de Nantes.
Quels que soient les leviers sur lesquels le manager cherche à jouer
pour impulser un changement dans l'organisation qu'il dirige, (leviers
technologiques, organisations formelles, procédures, changements
dans la composition et la gestion des RH) il est toujours confronté
à des problématiques d'opposition centralisations/décentralisations,
rationalisation/autonomie. Il y a une contradiction fondamentale
entre, d'une part, les exigences de réactivité, de souplesse, d'adaptation
qui obligent à mettre les capacités de décision au plus près des
équipes de terrain, et, d'autre part, les exigences de cohérences,
de synergies, d'ordres, nécessaires à la conduite d'un projet global
d'entreprise.
D'une manière générale, c'est trop souvent la logique de synergie
globale qui l'emporte aux dépens de l'adaptabilité. Une part importante
des managers et particulièrement ceux formés par les écoles d'ingénieurs,
a une vision extrêmement plate et mécaniste de ce qu'est une organisation.
S'ils arrivent à imposer leur vue rationalisatrice aux couches les
plus profondes de l'organisation ils l'appauvrissent fortement.
S'ils n'y parviennent pas complètement (ce qui est généralement
le cas) ils ne voient pas qu'un certain nombre de pratiques plus
ou moins occultes se mettent en place et génèrent un management
clandestin dont les effets réels sont mal maîtrisés. Chassez l'autonomie
par la porte, les nécessités organisationnelles la font revenir
par la fenêtre.
|
|
|
Place
de l’autonomie dans les changements organisationnels : X. BERTON,
directeur de l’ARACT Pays de la Loire.
Parmi les éléments jugés souvent indispensables pour caractériser
aussi bien les individus que les organisations "gagnantes", l'autonomie
occupe une place de choix. Pour beaucoup elle semble une découverte
récente. Sans doute oubliée dans les organisations tayloriennes,
elle s'ancre sur la notion de marge de jeu que l'ergonomie met en
évidence : même dans les temps de cycle très courts, l'analyse du
"travail réel" démontre que chaque travailleur développe des stratégies
opératoires personnelles qui dépassent le "travail prescrit".
Ainsi une forte incompréhension autour de la notion autonomie s'est
développée. Pour la mettre en cause certains ont laissé à penser
qu'il s'agissait de liberté dans la fixation du but poursuivi, alors
qu'il s'agit d'une reconnaissance d'une liberté pour définir la
façon de faire, le mode opératoire.
Au-delà de marges de manœuvre "niées", c'est de marges "régulées"
dont il faut parler pour traduire l'autonomie demandée dans ces
nouvelles organisations du travail.
Comment construire sur ces bases, une autonomie favorisant le travail
et sa performance surtout quand il s'agit de collectifs de travail
?
En s'appuyant sur des expériences, nous essayerons de mettre en
évidence quelques points clefs.
|
 |
L’autonomie
dans un métier à forte culture "de Gutenberg à Internet" : F. PIC,
président directeur général, JOUVE SA.
Croire en l'homme pour adapter l'Entreprise à un monde de plus en
plus évolutif.
Créée en 1903 en tant qu'imprimerie, Jouve à dû redéfinir sa stratégie
dans les années 70 pour devenir en 2000 une société de services spécialisée
dans l'information (domaine du contenu). Aujourd'hui, Jouve capture,
traite et diffuse les informations de ses clients à partir de et sur
tous les supports existants, papiers et électroniques.
C'est un management basé sur l'autonomie et la responsabilité, abandonnant
clairement une organisation par fonctions, qui a permis cette évolution
et l'adaptation d'une société de services à ses marchés traditionnels
ou émergents.
Simultanément ont été développés des outils techniques de traitement,
de production et d'organisation dont la souplesse et l'adaptabilité
permettent aux responsables de prendre leur décision en fonction des
problèmes rencontrés.
L'adaptation du personnel s'est faite par le biais de la formation
et de la constitution d'un encadrement passé en 30 ans de moins de
5 % à plus de 20 % des effectifs. |
|
|
Management,
information et communication dans la mise en place d’organisations
autonomes : V. VANDOREN, directeur, établissement RENAULT VI Limoges.
|
Atelier
: Management de l’Autonomie : méthodes et outils
Animé par J. MORIN, Muta Consultants.
Les formes d'organisations traditionnelles, aujourd'hui
quasiment disparues, donnaient à l'encadrement un rôle structurant, reposant
sur l'autorité et la compétence technique.
Dans les entreprises où les structures classiques ont éclaté, de nouveaux
outils et de nouvelles méthodes de management sont apparus.
Les équipes autonomes, l'organisation par projet, le coaching, le knowledge
management, les systèmes d'information partagés, la gestion des compétences
ont un point commun : ce sont des moyens d'aider l'individu dans un contexte
d'autonomie et, d'une certaine manière, de reconstituer le collectif qu'assurait
l'encadrement traditionnel.
|
|
|
Le
client, nouveau manager de l’autonomie dans le travail : G. ROT,
chercheur associé au centre de sociologie des organisations (CNRS).
Au nom du respect des attentes du "Client" les organisations industrielles
en sont venues à mettre en place de nouveaux outils de management,
en mesure de mieux traduire au sein même de l'organisation "ses"
attentes. Le suivi du processus de production, et notamment les
modalités du contrôle qualité, s'en trouvent sensiblement modifié.
L'entrée du client dans l'organisation, par la médiation de nouveaux
outils de gestion, n'est pas sans soulever un certain nombre de
difficultés. A travers l'exemple de la mise en oeuvre, dans un site
de construction automobile, d'un de ces outils, "l'autocontrôle"
, nous montrons comment un double dogme largement diffusé (au nom
du client) dans les organisations - la traçabilité des actions et
la responsabilité des acteurs - est fragilisé par ses contradictions.
En particulier le rejet par les opérateurs d'une responsabilité
accusatoire dont la traçabilité est le vecteur, est le prix à payer
pour l'admission d'une responsabilité plus souple car plus respectueuse
de leurs intérêts. La relecture du "dogme" par les acteurs chargés
de sa mise en oeuvre, permet une nouvelle appropriation de l'outil
qui vit selon d'autres modalités que celles dictées par la traduction
managériale de la responsabilité. Ainsi donc "Le Client" est en
partie satisfait, mais selon des cheminements qui ne suivent pas
toujours la ligne orthodoxe du Management par la Qualité Totale.
|
|
|
De
l’encadrement traditionnel au management de l’autonomie, la place
des nouveaux outils : P. AUGEREAU, BL Consultants.
L'intervention sera articulée autour de 5 volets :
- L'autonomie dans le travail levier durable de la compétitivité
des entreprises car visant à (ré)concilier les impératifs d'efficacité
de l'institution et les aspirations du corps social
- Panorama rapide des démarches et outils : nombreux, de différentes
natures (coordination par les résultats/ les compétences… individuel
/ collectif…) : le mix est difficile à constituer
- Nous constatons dans la mise en œuvre une perte en ligne importante
et des cercles vicieux, liés en partie à : la multiplicité des concepts,
le manque de travail par rapport au cadre général, de priorisation
- Nous constatons aussi des écarts importants par rapport à l'atteinte
des enjeux : dérive vers plus de mercenariat, développement, développement
de nouveaux blocages, tyrannie des groupes sur les individus
- Quelques conditions de réussite basées sur la maîtrise des effets
de l'autonomie : gestion du stress…
|
|
|
Expériences
vécues d’organisation de l’autonomie : L. BENOIT-CATTIN, directeur
de site PECHINEY RHENALU, M. CATIMEL, directeur de site Groupe FAURECIA.
Monsieur BENOIT-CATTIN nous présentera une situation concrète de
management de l'autonomie.
Il fera ressortir la vision du manager : fixer les enjeux et formaliser
l'organisation, susciter la mobilisation de tous pour obtenir une
autonomie responsabilisante.
Il montrera la nécessité de définir de nouveaux points de repère
pour permettre à chacun de se situer.
Il présentera également les moyens de piloter l'autonomie, à travers
l'animation quotidienne et les indicateurs.
Monsieur CATIMEL témoignera de la mise en place des Unités de Production
Autonomes au sein de FAURECIA.
L'objectif des UPA est d'améliorer la productivité de l'entreprise
par la réorganisation des structures : responsabiliser davantage
son personnel, rapprocher davantage fonctionnels et opérationnels,
augmenter son professionnalisme.
Renforcer l'autonomie implique de renforcer la responsabilité individuelle,
de structurer la communication, et de développer le sens de la décision.
L'organisation en UPA permet d'améliorer le service au client, de
minimiser les coûts, et de renforcer la responsabilisation.
|
|