Polluants émergents : quels défis pour une meilleure gestion de l’eau ?


Co-organisées par l'Ecole des Mines de Nantes, la SFGP et l'Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Rennes, en partenariat avec Veolia Environnement, les Journées Scientifiques se tiendront les 1er et 2 février 2012 à l'Ecole des Mines de Nantes.

La production et l’utilisation dans la vie courante d’un nombre croissant de produits chimiques et médicamenteux sont responsables de la dissémination dans l’environnement de substances variées appelées « polluants émergents ».

Ces substances ont de multiples usages ; les sources et voies de diffusion dans l’environnement sont de fait nombreuses et variées. L’origine principale des substances pharmaceutiques, par exemple,  résulte de la consommation humaine (prescriptions en officine et usages hospitaliers) ou animale (traitements vétérinaires). Aux substances actives de ces médicaments évacuées par l’organisme sous forme métabolisée ou non, s’ajoutent d’autres sources plus ponctuelles liées à des rejets d’industries pharmaceutiques ou hospitaliers.

Les principales sources émettrices de polluants émergents sont les rejets d’activités industrielles (détergents, eaux résiduelles industrielles), de l’activité agricole (pesticides, élevages) et de l’activité humaine (eaux résiduaires urbaines et boues).

On dénombre 3 grandes familles de polluants émergents :

  • Les substances pharmaceutiques et les produits de soins corporels, leurs résidus y compris (PPCPs),
  • Les pesticides,
  • Les produits chimiques industriels et domestiques ainsi que leurs sous-produits.

Vers de nouveaux axes de recherche

Les travaux de recherche d’une part sur la présence de composés dans les différents compartiments environnementaux,  dans les ressources en eau et les milieux aquatiques notamment, et d’autre part sur l’effet néfaste de ces substances sur les organismes vivants, y compris sur l’Homme, sont en pleine effervescence.

Les préoccupations concernant la préservation des ressources en eau et l’exposition aux substances chimiques dans l’environnement sont assez récentes. La prise de conscience de l’impact de composés chimiques actifs qualifiés de micropolluants émergents est associée à l’évolution des techniques analytiques permettant de les identifier et de les quantifier à des niveaux de concentration plus faibles (ng.L-1).

Pour la plupart des polluants émergents, s’il n’existe pas de données de toxicité et si leur devenir dans l’environnement aquatique est difficilement prédictif, les observations concernant la productivité des écosystèmes et les anomalies de la reproduction dans les populations de mollusques et de poissons ont néanmoins permis de soulever un problème de toxicité avéré.

Plusieurs verrous scientifiques et techniques peuvent être identifiés :

  • les contraintes analytiques liées aux faibles concentrations rencontrées et à la très grande variété des molécules rejetées,
  • la compréhension des mécanismes d’élimination et/ou de persistance, voire de création (DBPs) de ces molécules au cours des filières de traitement des eaux (épuration, potabilisation),
  • l’évaluation de leur toxicité et de leur impact sur l’environnement et la santé humaine,
  • l’évolution de réglementations,
  • le développement de procédés de traitement innovants pour l’élimination ou la rétention de ces substances.


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