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L’Espace Interrégional Européen (EIE) Bretagne-Pays de la Loire-Poitou-Charentes

lundi 2 juin 2008 par Naouelle Assar

L’Espace Interrégional Européen (EIE) représente à Bruxelles les intérêts des régions Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes. Ses locaux sont situés au cœur des institutions européennes : difficile d’imaginer plus proche de la Commission européenne et du Conseil des ministres que le Rond Point Schuman !

Laurianne Schlaeppi (la Directrice de l’EIE), Elise Hadman et Ségolène Martin (les Chargées de mission Recherche et Innovation de l’EIE) témoignent du fonctionnement et du rôle de cette structure, ainsi que de l’aide qu’elle peut concrètement apporter aux porteurs de projets de R&D.

Quelles personnes ont présidé à la création de l’EIE ? Pourquoi une structure interrégionale ?

L’Espace Interrégional Européen a été créé en 2004, à l’initiative des présidents des trois Régions : Jean-Yves Le Drian pour la Bretagne, Jacques Auxiette pour les Pays de la Loire et Ségolène Royal pour Poitou-Charentes. Pourquoi une structure interrégionale ? Pour mutualiser les moyens mis à disposition des acteurs régionaux à Bruxelles, et pour parler d’une même voix sur les grands sujets européens. En termes de ressources humaines, l’équipe est composée de la directrice, de cinq chargés de mission et de deux assistantes. Les membres de l’équipe sont tous des spécialistes dans leur domaine, et couvrent chacun une ou plusieurs politiques de l’Union, pour le compte des trois régions. La mutualisation est ainsi totale et permet de disposer d’une équipe d’experts.

Quels domaines couvrent exactement l’EIE ?

Nous couvrons un large éventail de domaines. Parmi nos portefeuilles, nous traitons des fonds structurels, des questions de concurrence et d’aides d’Etat, de transports, de pêche et d’agriculture, d’environnement et de développement durable. Nous travaillons également sur les questions relatives à la jeunesse, l’éducation et la culture, les technologies de l’information et de la communication, la coopération extérieure et, last but not least, la recherche et développement et l’innovation (RDI) !

Quelles sont les missions de l’EIE ?

Les missions sont de quatre types :

- informer les territoires sur les grandes actualités européennes qui les concernent, mission de veille informative donc ;
- faciliter l’accès des acteurs des trois régions aux financements proposés par l’Union européenne (UE) ;
- remplir une mission d’accueil des élus, fonctionnaires, entreprises, écoles, associations… qui ont besoin dans le cadre de leur activité d’un contact avec les institutions européennes, aussi bien pour des raisons de formation que pour le suivi de certains dossiers ;
- relayer les positions des régions auprès des institutions européennes, afin que celles-ci puissent, dans la mesure du possible, être prises en compte dans la législation européenne.

Sur cette question du lobbying, quelle est réellement la marge de manœuvre de l’EIE compte tenu des compétences des régions françaises ?

Bien entendu les régions françaises n’ont pas les mêmes compétences que certaines de leurs voisines européennes, qui, comme les Länder allemands, ou les régions belges, peuvent participer directement aux travaux du Conseil des ministres et peuvent donc négocier en direct avec les Etats membres.

Toutefois il existe des moyens de porter des messages à Bruxelles :

- répondre aux consultations organisées par la Commission européenne ;
- identifier nos régions comme des interlocuteurs pertinents sur certains sujets ;
- travailler en lien avec le Parlement européen qui dispose de plus en plus d’autonomie et de pouvoirs par rapport au Conseil des ministres et à la Commission.

Autant de leviers qui nous permettent de porter nos messages et nos préoccupations à Bruxelles.

Bruxelles fourmille de représentations (régionales ou interrégionales, de France ou de l’étranger). Avez-vous développé des contacts avec vos homologues ?

Lorsque l’on parle de lobbying, la logique d’association sur certains sujets avec d’autres régions européennes est inévitable si l’on souhaite faire entendre une voix forte à Bruxelles. Il est de plus en plus nécessaire d’éviter les positions « franco-françaises » ! Même chose pour les projets : il est impératif de disposer de partenaires dans les autres Etats de l’Union européenne. Nous avons donc de nombreux contacts avec d’autres régions européennes, mais aussi dans des réseaux comme la CRPM [1] ou ERRIN [2]. Bien entendu, la Représentation Permanente de la France constitue également un interlocuteur privilégié pour nous. Elle organise le travail avec les délégations régionales et nous fournit de précieuses informations.

Pour en revenir à la R&D, que peut faire l’Espace Interrégional pour un porteur de projet de R&D ?

Nous pouvons intervenir par différents biais.

Nous faisons d’abord une veille sur les programmes européens de financement de la recherche et de l’innovation, au premier plan desquels le 7ème PCRD. L’UE offre de nombreuses opportunités pour la RDI… Notre objectif est bien entendu de diffuser le maximum d’information le plus en amont possible aux chercheurs et entreprises des trois régions. Je ne vous apprends rien si je vous dis qu’il est très difficile de préparer une proposition de projet entre la date de publication de l’appel et la date de clôture ! C’est pour cela qu’on essaie de se procurer les informations en amont et qu’on les fait parvenir aux personnes intéressées.

Avis aux potentiels porteurs de projets : faites-vous connaître le plus tôt possible auprès du Réseau Europe Recherche et Innovation pour bénéficier de ces informations !

Notre veille peut être personnalisée pour les acteurs qui nous tiennent informés de leurs besoins spécifiques. Prenons l’exemple d’un chercheur en cancérologie qui nous a informés de sa volonté de monter un projet dans le cadre du 7ème PCRD. Nous pouvons lui transmettre des informations personnalisées sur les appels dans la thématique Santé – en complément et sans préjudice de ce que peuvent faire les Cellules Europe.

Vous êtes basés à Bruxelles : cela vous donne accès à beaucoup de choses…

C’est effectivement notre valeur ajoutée. Nous avons accès à beaucoup d’informations que l’on obtient plus difficilement si l’on est en région. Nous avons évidemment accès à de nombreuses conférences ou journées d’information qui peuvent concerner les porteurs de projets ligériens. Ils peuvent nous demander de nous y rendre pour eux et nous leur envoyons un compte rendu.

Nous pouvons aussi diffuser les recherches de partenaires que les porteurs de projets ligériens nous font parvenir. Un exemple : vous êtes un porteur de projet et vous cherchez des experts européens capables par exemple de produire des pesticides organiques à base d’extraits d’algues. En faisant parvenir votre recherche à nos homologues dans les autres bureaux régionaux, nous pouvons compter sur une large diffusion dans de nombreuses régions européennes. A l’inverse, nous recevons des recherches de partenaires que nous transmettons de façon ciblée aux acteurs sur nos territoires.

Nous assistons régulièrement à des bourses de projets organisées lors de journées d’information ou lors de réunions du réseau ERRIN. Si des porteurs de projets de nos régions souhaitent trouver des partenaires ou veulent éventuellement communiquer sur leur initiative, ils peuvent sans problème venir à l’occasion de ces événements pour présenter leur projet. Si nécessaire, nous pouvons également le présenter à leur place.

Un tout autre type de soutien est le support logistique que nous pouvons apporter. Quand on monte un projet, il est important de rencontrer régulièrement ses partenaires. Notre bureau, situé au cœur du quartier européen de Bruxelles, offre une salle qui peut accueillir jusqu’à 50 personnes. Cette salle est idéale pour des réunions de consortium réunissant des partenaires de toute l’Europe. Elle est mise à disposition gratuitement aux porteurs de projets ou partenaires de projets de nos trois régions.

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EIE ; Salle de réunion

A Bruxelles, un des mots-clés qui reviennent souvent est le terme « lobbying »…

Oui, nous intervenons aussi à ce niveau. On peut distinguer deux types de lobbying. Le lobbying politique et le lobbying de projet. Nous travaillons à ces deux niveaux mais, ce qui concerne avant tout les porteurs de projets ligériens est le lobbying de projet.

On fournit un soutien dans la prise de rendez-vous avec des fonctionnaires de la Commission. Nous accompagnons les chercheurs lors de rendez-vous qui permettent de présenter une première fois le projet à la Commission, de poser des questions techniques et surtout de comprendre les premières impressions des responsables de la Commission pour améliorer/réorienter sa proposition de projet. Il arrive que le chercheur se rende compte que sa proposition est inéligible ! Les chercheurs que nous avons accompagnés à la Commission se sont toujours montrés très satisfaits de l’issue de la rencontre.

L’autre aspect du lobbying de projet consiste à prendre rendez-vous avec la Commission pour présenter le bien-fondé d’un projet d’un chercheur et qui ne rentre pas dans les lignes prévues par la Commission dans les programmes de travail. La Commission est généralement ouverte à ce genre de propositions que le jargon bruxellois appelle « bottom-up » (du terrain vers le haut), puisque les fonctionnaires ne sont pas nécessairement au courant de toutes les thématiques importantes de la recherche dans tel ou tel domaine.

Le bureau est particulièrement actif, voire précurseur dans le lobbying dans le domaine des TIC. Nous coordonnons le groupe de travail ERRIN dans ce domaine et nous avons compilé une revue de ce que les différentes régions membres souhaiteraient voir apparaître dans le prochain programme de travail de cette thématique du PCRD. Sur cette action, la Commission s’est révélée preneuse de notre contribution.

Les porteurs de projets peuvent-ils s’adresser directement à l’Espace Interrégional ?

Oui. Ils peuvent tout à fait nous contacter en direct. Il est tout de même conseillé d’en informer leur contact en région (Réseau Europe Recherche, Cellules Europe…), pour que nous puissions mieux nous coordonner avec les autres structures d’appui.

Sachez également que nous informons le Conseil Régional des demandes reçues et devons d’abord obtenir son approbation avant d’y répondre.

Pour les acteurs qui seraient intéressés par nos activités, je rajoute qu’il est important que vous nous teniez régulièrement informés de vos besoins spécifiques et que vous pensiez à nous informer des évolutions qui ont lieu de votre côté, notamment mais pas seulement, quand vous montez un projet. C’est à cette condition que les actions que nous pouvons mener peuvent être ciblées et cohérentes. Et ceci en toute confidentialité.

Vous avez évoqué à deux reprises le Réseau Europe de la Recherche et de l’Innovation en Pays de la Loire. Quelles sont vos interactions avec ce Réseau ?

Ce Réseau est un interlocuteur de premier plan. C’est lui qui est en contact régulier avec les acteurs de la recherche et les potentiels porteurs de projets. C’est donc beaucoup sur lui que nous nous appuyons pour agir au plus près des besoins du terrain. Le Réseau agit en région et au niveau national, et nous prenons le relais lorsque les réseaux européens doivent être mobilisés.

Le mot de la fin…

Nous sommes preneuses de tous contacts avec vous, alors n’hésitez pas à nous contacter !

Pour contacter les Chargées de mission Recherche et Innovation de l’EIE :

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EIE : L’équipe

Adresse :

Espace Interrégional Européen Bretagne / Pays de la Loire / Poitou-Charentes
-  14 Rond-point Schuman, 1040 Bruxelles
- Tél : 0032 (0) 2735 40 36

- segolene.martin@brplpc.org
- maud.farcouli@brplpc.org

Métro : Rond point Schuman

Le plan pour vous y rendre :


Agrandir le plan

[1] Conférence des régions périphériques maritimes

[2] Réseau des régions européennes de la recherche et de l’innovation