Témoignage de Jérôme SOTO, porteur de projets INTERREG et PCRD
vendredi 11 juillet 2008 par Pauline BOUDANT , Caroline GERARD
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Le projet MNAA
Lorsque l’ICAM décida en 2002 de participer au montage d’un projet INTERREG, c’était avant tout pour développer son réseau de partenaires. Les relations internationales de l’ICAM étaient alors principalement axées sur les échanges étudiants et peu sur la recherche. Jérôme SOTO avait déjà eu l’occasion de participer à des projets du 5e PCRD lorsqu’il travaillait dans l’industrie et souhaitait s’impliquer de nouveau dans ce type de projet de recherche. S’intégrer dans un réseau INTERREG semblait une bonne opportunité pour développer des partenariats de recherche.
La proposition déposée avait pour objectifs de mutualiser les ressources des centres de recherche (base de données des compétences disponibles et offre de services unifiée aux entreprises) et favoriser les transferts de technologies (formation des personnels académiques, échanges avec industriels). Le chef de file du projet était l’Université d’Exeter et l’ICAM l’un des partenaires clés. Ce type de proposition, qui vise à améliorer la compétitivité d’un territoire par des actions structurantes, correspond bien aux attentes du programme INTERREG IIIB. Le réseau MNAA a donc obtenu un financement de 2,8 millions d’€ pour 3 ans (2003-2006), dont 480 000 € pour l’ICAM.
| Materials Network of the Atlantic Area (MNAA) était un projet soutenu par le programme de l’Union européenne INTERREG IIIB Espace Atlantique et cofinancé par le FEDER (Fonds européen de développement régional). Il a réuni 6 partenaires universitaires (en Irlande, Angleterre, France, Espagne et Portugal) autour de 4 thématiques : Verres et céramiques ; Biomatériaux et santé ; Polymères et composites ; Développement durable / environnement. L’activité de réseau a permis une mise en commun de moyens matériels et humains et un échange de bonnes pratiques. |
De l’avis de Jérôme SOTO, le démarrage du réseau a été un peu difficile du fait d’un manque de cadrage du projet. Il a fallu une bonne année pour que le réseau se mette en route et que chacun comprenne sa place |et son rôle. Par la suite, le programme de travail s’est bien déroulé et la plupart des partenaires ont souhaité continuer et développer les actions du réseau. Une nouvelle proposition a donc été déposée fin juin 2008 dans le cadre d’un appel lancé par l’Espace Atlantique [1], afin de poursuivre le travail commencé via MNAA.
La participation au réseau MNAA a eu un effet très structurant pour les partenaires tant en termes de pilotage générale de la recherche que sur la mise en valeur des compétences. Les institutions ont eu l’occasion de confronter leurs pratiques de transfert de technologies et de collaboration avec les PME. Il n’y a pas eu de création physique de plateformes technologiques dans ce projet. Cependant, cela fait parti de leurs ambitions pour l’élaboration d’un prochain projet de coopération territoriale transnationale.
EURECOMP, un projet de recherche sur la base du réseau MNAA
Le projet MNAA a été un tremplin pour la préparation de projets de recherche commun. C’est sur la base du même partenariat que s’est créé le consortium qui a répondu avec succès à l’appel à propositions du 7e PCRD sur la stratégie de fin de vie des véhicules (programme Coopération, thématique Transport en 2007).
Le projet EURECOMP vise à étudier et mettre en œuvre un nouveau procédé de recyclage des matériaux composites pour l’industrie automobile. Ce projet est en fait né sous l’impulsion des industriels qui recherchaient des solutions pour le retraitement de leurs déchets composites.
| Le projet « Recycling Thermoset Composites of the Surface Transport Industry » (EURECOMP) réunit 13 partenaires, industriels et académiques, dans le but de développer une filière de recyclage pour les déchets composites, notamment ceux issus de l’industrie automobile : collecte, traitement des déchets par solvolyse, valorisation des co-produits de réaction, notamment des fibres dans un nouveau composite. |
Le budget total du projet est 2,54 millions d’€, dont 1,97 millions d’€ financés par la Commission Européenne.|
L’ICAM, qui collabore au quotidien avec l’industrie de la plasturgie et des composites, notamment dans la recherche appliquée et dans la formation professionnelle, a donc été contacté par les industriels pour trouver des solutions opérantes à court et/ou moyen termes. L’ICAM a alors sollicité ses partenaires du MNAA pour regrouper, derrière l’initiative française, un consortium d’acteurs académiques, industriels et associatifs à même de couvrir les études scientifiques, technologiques, économiques et environnementales nécessaires au développement d’une technologie efficace.
Le projet a ensuite été généré/écrit en relation avec l’industriel, Plastic Omnium. Ce dernier portera le projet pendant la phase d’étude mais aussi lors du déploiement commercial du procédé, ceci afin d’optimiser les chances d’un transfert de technologie réussi.
Ce projet a été présenté une première fois en réponse à un appel à proposition du 6e PCRD (programme spécifique « Recherche pour les PME »), mais n’a pas été retenu pour financement. La solidité du partenariat a permis de remobiliser facilement les partenaires pour retravailler la proposition lorsqu’un nouvel appel plus adapté a été publié par la Commission européenne en 2007. Pour cette deuxième proposition, Jérôme SOTO a sollicité l’aide du Réseau Europe et a obtenu un financement de la Région pour la préparation du projet, notamment pour pouvoir rencontrer ses partenaires.
Le projet est maintenant en cours de négociation, mais Jérôme SOTO est optimiste sur son fonctionnement futur : les partenaires se connaissent bien et la « phase d’observation » qui avait ralenti le démarrage de MNAA devrait être évitée. Chacun sait exactement qui est son interlocuteur, quelles sont ses compétences et quel est son degré d’implication.
Après que MNAA ait financé la mise en réseau des partenaires, EURECOMP va permettre de financer la recherche à proprement parler.
[1] Le terme INTERREG IVb est utilisé encore par certains espaces de coopération mais n’a plus de base légale. Avant 2007, INTERREG était un programme particulier de la CE pour mettre en œuvre sa politique régionale. Depuis 2007, l’ex INTERREG est fondu dans le règlement communautaire relatif au FEDER 2007-2013. Il n’existe donc plus légalement de programme spécifique intitulé INTERREG.
